jeudi 26 juillet 2007

Problème technique (modifié)

J'essaie de mettre la bannière que La marâtre m'a si gentiment faite, mais je n'y arrive pas. Quand je procède de la façon la plus simple, en allant ajouter l'image dans la section "Modèle" de Blogger, ça ne change strictement rien. Il ne tient pas compte de ce que je lui demande (fichu système!). Quand j'y vais par le code HTML, ça donne ce que vous voyez maintenant. Moi, ça me donne un grand rectangle de la même couleur que mon fond et je devine à peine mon titre puisqu'il est écrit en blanc. Vous voyez une image, vous?

En attendant, vous pouvez tout de même la voir tout au bas de la page!

Ajout de 22h16 : J'ai remis le tout comme c'était, puisque ça ne semble pas fonctionner. La marâtre, tu peux maintenant te lancer dans les bas de pages! :-)

mercredi 25 juillet 2007

La question "ping pong", partie I

J'ai été taguée par Forsythia avec sa question "ping pong". Je dois répondre à la question suivante :

Y a-t-il un truc que tu t'es toujours promise de faire ou de réaliser, et ce, depuis que tu es toute petite et que tu as réussi à faire?

Ma réponse ne sera pas très originale, mais elle a le mérite d'être sincère! :-)

Quand j'étais jeune, je rêvais :

- d'avoir 4 enfants
- d'être enseignante
- d'avoir une maison à la campagne
- d'enseigner dans une petite école de village
- d'avoir terminé ma famille avant d'avoir 25 ans
- d'avoir un chien

J'ai réalisé mes quatre premiers rêves, même si je suis seulement locataire de ma maison à la campagne. Le cinquième était peut-être un peu irréaliste. Le sixième, j'espère bien le réaliser bientôt!

Je dois maintenant poser une question, en lien avec ma réponse, à Forsythia. La voici :

Es-tu une fille de la ville ou de la campagne et pourquoi?

Je dois finalement poser une question "ping pong" à un autre blogueur. Je choisis
Mlle Safwan et je lui demande :

Si tu n'avais pas été enseignante, quels cinq autres métiers aurais-tu eu envie d'exercer?

samedi 21 juillet 2007

Message à La P'tite Frisottée

Puisqu'elle m'a interpellée directement il n'y a pas si longtemps, c'est à mon tour maintenant. Quand j'ai vu ça, j'ai tout de suite pensé à toi, P'tite Frisottée. Je t'imaginais bien dans cette pose, aujourd'hui... :-)

C'est agréable, quand quelqu'un pense à nous comme ça, non? C'est signe que ce quelqu'un nous aime bien...

Note : Attention,
Yano partira sans doute un gros débat sur mon "aime bien" quand il remettra les pattes sur son ordi à son retour de vacances! :-)

vendredi 20 juillet 2007

Petite nature

Il me semble loin le temps où je me précipitais sur mon blogue pour raconter un événement avant que mon chum ne saisisse l'occasion de faire un billet. Bien sûr, j'avais alors la chance de raconter les choses à ma façon, de raconter ma version.

Cette fois-ci, peu importe qui raconte l'anecdote, ça sonnera pareil. Je suis une petite nature. On a reçu notre nouvelle table, laquelle peut accueillir huit personnes. Celle d'avant ne fournissait même plus pour héberger les six membres de notre famille au moment des repas.

Il fallait naturellement visser les pattes. J'ai offert à mon chum de l'aider (pas par grandeur d'âme, mais bien parce que c'était l'heure du souper et que j'avais faim!). Eh bien, après à peine 11 vis vissées, la madame avait une ampoule dans le creux de la paume.

Misère, j'ai honte de raconter ça.

jeudi 19 juillet 2007

Retour

Je ressens le besoin, après l'écriture du billet d'hier et après lecture de vos commentaires, de faire un retour. En vous répondant, je ferai sans doute le tour des réflexions qui me sont venues à l'esprit en me relisant et vous lisant...

Doparano, merci! La douleur ne me submerge pas quand je repense à sa mort. Elle vient me visiter, ébranle mon coeur, me fait parfois verser quelques larmes, mais elle ne m'envahit pas. Le billet d'hier a eu besoin de sortir parce que je me sentais particulièrement nostalgique cette année. Je voyais ma fête arriver avec un peu d'appréhension. Depuis la naissance de Petite Fille, en novembre, je me suis surprise à m'ennuyer de mon père. Chose qui n'était pas arrivée depuis près de 15 ans. Si je m'en ennuie, je crois que c'est parce que je sais qu'aujourd'hui je serais capable de l'affronter, de ne pas laisser ses problèmes m'envahir, de lui tenir tête dans ses moments de délire, de l'envoyer promener s'il me faisait trop chier. Je pense être devenue assez forte pour profiter de ce qu'il avait à me donner sans lui laisser la chance de reprendre ce que je veux garder (mon équilibre, ma confiance, mes sentiments...). Malheureusement, ce n'est plus possible...

Cyrano, tu es tout pardonné. J'ai bien oublié ta fête plus souvent qu'à mon tour. Je sais que je ne dois pas me tourmenter outre mesure avec tout ça. Premièrement parce que c'est de la torture stérile. Je n'arriverai à aucune certitude. Deuxièmement parce que j'ai mieux à faire dans la vie. Si j'ai longtemps eu 1 pied et 3/4 dans le passé, j'ai maintenant presque toujours les deux pieds dans le présent. Mais j'ai parfois des rechutes... :-)

Dame Galadriel, écrire ce billet m'a aussi fait réaliser qu'il y avait plus de côtés positifs que je le pensais au départ. Il y a eu des époques où j'ai effectivement été très proche de mon père. Ce que je suis aujourd'hui témoigne beaucoup de ces moments privilégiés. Ton hypothèse m'a déjà été suggérée par quelqu'un. C'est certain que c'est plus apaisant de croire à ça que de s'imaginer qu'il a su que j'étais enceinte et qu'il voulait se venger. Enfin...

Missmétéo, merci pour ton mot. Je sais que tu peux me comprendre et ton commentaire m'a aussi fait prendre conscience que j'ai la chance d'avoir des bons souvenirs malgré les mauvais... Peut-être qu'un jour j'arriverai à ne penser qu'à ces bons souvenirs et à ne plus penser aux mauvais.

Le Voyou, un jour je raconterai peut-être l'autre étrange combinaison de dates en lien avec mon père. Et la leçon que j'en ai tirée. Merci pour tes souhaits d'anniversaire.

Nath, merci pour ton mot. Oui, nous avons de nombreux points communs et oui, on devrait vraiment se faire un souper de filles! :-)

Unautreprof, j'ai bien aimé que tu ajoutes "super" avant "amoureux". Toujours membre du fan club? :-) Vos commentaires apaisent ma peine en un certain sens. Ils me font du bien, c'est certain. De savoir qu'on est lue et comprise, que d'autres ont vécu une histoire semblable, ça pose un petit baume.

Prof masqué, il aura fallu que je me vide le coeur en grattant le fond pour que tu me tutoies enfin. Je ne rigole pas, ça m'a touchée! Tu as parfaitement raison, on ne peut pas sauver quelqu'un qui ne s'aide pas lui-même. Et mon père ne s'aidait aucunement. Toujours à gratter le bobo (le sien et celui des autres), toujours à ressasser ce qu'il avait eu et perdu, toujours à regarder vers le passé jamais devant lui. Personne ne peut être heureux en agissant de la sorte.

Mynaï, si c'est ce que je crois, je partage avec toi les câlins que j'ai reçus ici.

Renart, merci pour ton commentaire. Tu vois, je pensais laisser l'impression, avec ce billet, que j'étais encore hantée par cette histoire, ce qui n'est pas le cas. Je suis contente de voir que ce n'est pas l'image que ça crée. J'ai des moments de doute, des moments de tristesse, des moments d'ennui, comme tout le monde. On a tous vécu au moins une épreuve douloureuse qui ne s'oublie pas facilement. Je ne suis pas courageuse, j'ai simplement laissé la vie aller en essayant de faire de mon mieux, en tentant de comprendre et un peu d'oublier.

Une femme libre, on reparlera de ma santé mentale une autre fois. Il y en a aussi long à dire! :-) Mais effectivement, je sais que le bonheur qui est le mien présentement n'est même pas égratigné par ces pensées. Il est assez solide pour résister aux mauvais souvenirs.

Yano, ne réveille pas le monstre des perles bloggales, toi! :-) Merci...

Lilas, j'ai pleuré en lisant ton commentaire. Je ne crois aucunement que mon père me regarde et est fier de moi parce que je suis très rationnelle face à la mort (on crève, on pourrit ou on brûle, et c'est fini), mais j'aimerais croire que lorsqu'on en est rendu au geste fatidique, la méchanceté, la mesquinerie et la vengeance ne sont plus des moteurs pour nous. De toute façon, il y a peut-être alors trop de douleur en soi pour penser à la douleur des autres, encore moins penser à faire mal aux autres. Je ne sais pas...

Safwan, j'ai pensé l'écrire il y a quelque temps. Mais j'ai tout sorti d'un trait, hier soir. Ça coulait tout seul, peut-être comme des mots qui étaient mûrs pour sortir...

Hortensia, je ne nierai pas que même si ça coulait tout seul, ce n'était pas facile à écrire. Mettre des mots sur des sentiments, c'est autant concrétiser que libérer. Bon et mauvais côtés. Mais je suis contente de l'avoir fait.

Bibco, une chance qu'il y en a eu des bons, c'est certain. Mais je te dirais que ce sont beaucoup les mauvais qui ont déterminé qui je suis. Comme si les bons étaient ma force pour affronter les mauvais et apprendre de ceux-ci.

Magrah, Mariée et heureuse, Caroline, La Folle, Dobby, Nat, Gilk, merci.

Mais là, fini le braillage! J'ai passé une belle journée de fête avec ceux que j'aime, j'ai reçu de l'amour et des mots gentils et j'espère toujours avoir le cadeau que j'ai commandé en songe. Quoi donc? Pffffff! Je ne dis rien avant d'avoir une réponse officielle.

mercredi 18 juillet 2007

Cet homme

Aujourd'hui, c'est ma fête. Voilà 32 ans que j'ai vu le jour grâce à l'amour que mon père et ma mère éprouvaient l'un pour l'autre.

Ma nostalgie de l'autre jour, comme certains l'avaient deviné, était due à mon père. Cet homme si important dans la vie de toutes les petites filles, qu'il soit présent ou absent. Mon père a été important dans ma vie. Pour les aspects positifs comme pour les aspects négatifs. Il m'a apporté autant qu'il m'a repris.

Mon père était alcoolique. Mon père était maniaco-dépressif. Mon père était suicidaire. D'aussi loin que je me souvienne, il buvait. J'ignore même si je l'ai connu autrement que sur la boisson. Ma mère pourrait peut-être me le dire, mais je ne suis pas certaine d'avoir envie de savoir, finalement. Mon père était exalté ou dépressif. Prêt à repousser toutes les limites ou défaitiste jusqu'à la moëlle. Mon père a tenté de se suicider des dizaines de fois. Des appels à l'aide gros comme le bras, une détresse hurlée dans des gestes qui ne le tuaient pas, pas encore.

Mon père était bon. Un homme juste, humain, généreux, sensible, droit, aimant, avec des valeurs formidables. Mon père aimait jouer avec nous, il aimait nous apprendre plein de choses, il m'a donné la passion des livres, la passion d'apprendre. Mon père nous poussait à nous dépasser, à lutter pour un monde plus juste, à nous affirmer et à ne pas nous laisser emmerder par les cons de ce monde. Il le faisait à la dure, souvent, mais il m'a beaucoup appris. Je pense que mes opinions seraient très différentes si je n'avais pas eu mon père dans ma vie. Il détonait sur les autres membres de ma famille.

Mon père n'a jamais réussi à arrêter de boire, malgré quelques tentatives. Mon père a toujours refusé de soigner sa maniaco-dépression. Mon père n'a jamais réussi à s'enlever l'envie de s'enlever la vie. Ces trois aspects de sa personne étaient, j'en suis convaincue, imbriqués l'un dans l'autre de façon très serrée. Interdépendants. Totalement. Un cercle vicieux parfait. Un aspect attisant toujours le feu de l'autre. J'ai été témoin de son alcoolisme, j'ai été témoin de ses dépressions, j'ai été témoin d'au moins une tentative de suicide. J'en suis marquée à jamais. Au fer. Cicatrice sur mon coeur et dans mon âme, à tout jamais.

Mon père a toujours été là pour me consoler, pour me conseiller judicieusement (même si je ne le croyais pas sur le coup), pour m'appuyer, pour m'encourager. Il était loin d'être le père idéal, mais il n'était pas le pire de la planère pour autant. Je l'aimais, c'était mon père.

Malgré tout, quand mes parents se sont séparés à la fin de mon adolescence, j'ai été soulagée. C'était une pression de moins sur mes épaules. Vivre constamment sur le qui-vive, ça épuise. J'ai peu vu mon père pendant les années qui ont suivi. Les bons souvenirs que j'avais de lui étaient effacés par sa rancoeur, par son défaitisme devenu constant, par son état dépressif, par ses leçons devenues plus dures qu'avant, par ses accusations, par cette manie qu'il avait d'aller picosser en plein sur la corde sensible, celle qui fait mal alors qu'il savait très bien ce qu'il faisait. C'était un genre de "je souffre alors il faut que les autres souffrent aussi".

Quand j'ai rencontré mon chum, au lieu d'être content pour moi, il m'a lancé que ça ne marcherait jamais. C'était gratuit. Pour me faire mal. Ma relation durait et il en rajoutait, loin de s'adoucir dans ses propos. Pourtant, il n'avait aucune raison de médire. Rien ne prouvait ses méchantes prédictions.

Alors quand j'ai passé mon test de grossesse, en 1997, et que j'ai eu l'immense joie de constater qu'il était positif, j'ai demandé à toute ma famille de cacher ce fait à mon père. J'avais coupé les ponts depuis plusieurs mois, j'étais déménagée à la campagne sans lui donner l'adresse, je ne voulais plus subir ses méchancetés.

J'ai donc caché ma grossesse à mon père. Je lui ai caché le fait qu'il allait être grand-père pour la première fois. Peut-être quelqu'un s'est-il échappé durant ces neuf mois, mais si c'est le cas, ce quelqu'un a su se garder de me le dire, ce qui est une bonne chose. Quelques jours avant mon accouchement, mon chum avait réussi à me convaincre que c'était cheap de ma part de ne pas le dire à mon père. Je préparais donc une lettre dans ma tête, sans avoir le courage de coucher mes mots sur papier.

Puis vint l'accouchement. 10 juillet 1998. Premier bébé, première fille. La joie d'être parent mêlée à l'incertitude d'être un bon parent. Pas besoin de faire un dessin. Avoir un enfant, c'est se lancer yeux bandés dans une aventure qui nous dépasse un peu les premiers temps. Le 23 juillet 1998, alors que j'allaitais ma fille, le téléphone a sonné. Mon chum n'a pas eu besoin de prononcer les mots déchirants pour que je comprenne : mon père était mort. Suicide. Une balle dans la tête. Il est mort seul, abandonné, abandonnant. Plusieurs jours avant qu'on découvre son corps.

Vinrent ensuite la peine, la rage, la culpabilité, la tristesse, la perte, la dépression, la colère, l'amertume, le regret. Un mélange de tout ça, dans des proportions différentes selon les moments. Un an a passé. En cherchant des documents sur le site du Curateur public (on avait dû renoncer à l'héritage puisqu'il ne laissait que des dettes), j'ai eu un choc. Un moment où on a l'impression d'être déconnecté du monde, un moment de flottement et d'arrêt du temps. Un moment d'incompréhension comme je n'en avais jamais vécu. Sur la page web devant moi s'affiche la date officielle de sa mort, suite à l'autopsie. La date est nouvelle pour moi. Si quelqu'un la connaissait, ce quelqu'un s'était bien gardé de me le dire, ce qui était peut-être une bonne chose.

Pourquoi avoir choisi cette date? Choisit-on vraiment une date quand on en arrive à cette extrême? Était-ce par méchanceté? Pour que je ne l'oublie pas? Était-ce symbolique? Savait-il qu'il était grand-père, finalement?

Plusieurs questions, aucune réponse. Je ne le saurai jamais. Je ne peux qu'émettre des hypothèses qui rencontrent les limites de ce que je suis et de ma façon de concevoir les choses. Un pourquoi qui me causera toujours une douleur, je crois. Parce que je ne comprendrai jamais et que ne pas comprendre est douloureux en soi. Je n'y pense pas souvent. Mais quand j'y pense, j'ai un pincement. Cette année, le pincement est plus douloureux. Peut-être parce que j'ai eu un quatrième enfant, qu'à quelques détails près je suis là où j'ai toujours voulu être, que je suis heureuse et en amour, que j'ai le sentiment d'être accomplie, d'avoir réalisé mes rêves les plus importants. Et que je ne pourrai jamais montrer ce bonheur à mon père.

Mon père s'est suicidé le 18 juillet 1998, il y a 9 ans jour pour jour.

Plogue pour moi-même

Plaire, partie II

L'an dernier, à la première rencontre de parents, j'ai dit à ces derniers que je partirais en congé de maternité à la mi-octobre.

J'ai commencé mon congé au début octobre. Je suis partie deux semaines plus tôt que prévu parce que mon état de femme enceinte de 36 semaines ne m'aidait aucunement à faire face à une ambiance de merde à l'école, due à des relations très tendues entre la direction et une bonne partie des enseignants de mon équipe. Étant déléguée syndicale, je ressentais doublement les effets de cette tension et je n'en pouvais franchement plus. Pour ma santé mentale, j'ai demandé un congé de maladie à mon doc. D'ailleurs, j'étais tellement au bout du rouleau qu'il a dû deviner ma demande à travers mes sanglots.

On avait beau être deux semaines avant le début de mon congé de maternité, la direction n'avait toujours cherché trouvé personne pour me remplacer, situation à laquelle je ne pouvais rien puisque je n'avais aucun pouvoir sur le choix de la personne. C'est la responsabilité de la direction. Résultat? Durant ma première semaine d'absence, j'ai été remplacée par plusieurs personnes. J'ai eu beau laisser toute la planification détaillée, ce que je n'étais pas tenue de faire étant donné les circonstances, cette semaine n'a pas été rose. Ni pour les élèves, ni pour ceux qui m'ont remplacée.

La deuxième semaine, mon remplaçant était trouvé. Lequel s'est désisté au bout de deux semaines en donnant un minuscule préavis à la direction. Naturellement, avec la pénurie de remplaçants à laquelle nous faisons face dans notre commission scolaire, il s'ensuivit donc une autre semaine où les remplaçants se succédaient à un rythme fou. Les élèves ont même eu la chance d'en avoir plus d'un dans la même journée! Encore une fois, je n'y pouvais rien et je n'y étais pour rien. Je n'étais quand même pas pour retourner enseigner le lendemain de mon accouchement!

J'avais fait ce que j'avais à faire : laissé une planification détaillée, laissé une planification pour les mois restants, rencontré mon remplaçant, laissé tous mes fichiers informatiques, tout mon matériel-maison, laissé mon numéro de téléphone au cas où, échangé des courriels (trois jours après mon accouchement) avec la nouvelle remplaçante.

La suite? Plus tard! :-)

mardi 17 juillet 2007

Plaire, partie I

Il faut se faire très tôt à cette idée : on ne peut pas plaire à tout le monde. Depuis le début de l'âge adulte, j'essaie de m'habituer, d'accepter cet état de fait. Dans ma vie personnelle, je vis bien avec ça. Je suis bien entourée, j'ai des gens qui m'aiment et que j'aime, qui m'apprécient et avec qui je m'entends bien. Je peux comprendre que ma personnalité ne fasse pas l'affaire de tout le monde et je n'en fais pas de cas. Mais vraiment pas.

Dans ma vie professionnelle, c'était une autre paire de manches. Les élèves, ça va. Au primaire, même en 6e année, je vous jure qu'il est rare que les élèves ne nous aiment pas. Rare au point que ça ne m'est jamais arrivé en dix ans. Pas que je sois exceptionnellement attachante, mais les enfants sont comme ça. Nous les aimons, ils nous aiment, tout simplement. Certains m'ont aimée moins que d'autres, mais je pense pouvoir dire qu'aucun ne m'a détestée.

Avec les parents, c'est vraiment une autre paire de manches. On a beau se démener comme une dingue, travailler soirs et weekends pour leurs mioches, innover, faire progresser les enfants, leur donner le goût d'apprendre, on ne plaît pas à tout le monde. Certains se plaignent de l'absence de devoirs, d'autres de la sévérité, d'autres des interventions faites, d'autres du choix des activités, d'autres du caractère indépendant du prof-qui-ne-fait-pas-tout-comme-tout-le-monde, nommez-les, toutes les excuses sont bonnes. Suffit que ça accroche sur un point pour que la relation soit parfois gâchée. Les parents font souvent la fine bouche et quelques-uns sont partiellement ou totalement incapables de nuances. Et à la base, être enceinte est un gros handicap pour gagner l'approbation des parents. Remarquez, je les comprends. Si on me donnait le choix, je préférerais que mes enfants n'aient pas de prof en bedaine. Le départ du prof en congé de maternité et l'arrivée du (de la) remplaçant(e) sont deux événements qui ne se déroulent pas toujours dans la joie et l'allégresse. Je sais de quoi je parle...

Suite? Plus tard... :-)

lundi 16 juillet 2007

Cahier d'enrichissement

J'ai rayé seulement deux trucs de ma liste : les énigmes et Le compte est bon et j'en suis déjà à 60 pages. Au secours! :-)

Au début, je me disais que c'était bien trop, mais finalement, comme je risque de conserver ce groupe l'année prochaine, mon cahier d'enrichissement (que je n'appelle pas "Cahier de devoirs" pour ne pas heurter
Une femme libre, hihihi!) servira deux ans. Je les ramasserai en juin pour être certaine que mes p'tits snoreaux ne le finissent pas pendant l'été. ;-)

samedi 14 juillet 2007

Les devoirs

Bah oui, je suis en train de travailler. Je m'active à préparer un cahier spécial que je donnerai à mes élèves en septembre. Comme je l'ai dit dans une autre vie, je ne donne pas de devoirs (j'exposerai peut-être un jour mon opinion sur les devoirs). Face à la pression de certains parents qui doivent considérer qu'un prof qui ne donne pas de devoirs n'est pas un prof sérieux et consciencieux, j'ai décidé, il y a deux ans, de donner des devoirs à la mode J. Raffe.

J'y suis allée avec ce que je crois être nécessaire. Développer la logique, la réflexion, le raisonnement structuré et une bonne culture générale chez les élèves. Notions qui ne sont pas officiellement au programme mais que je trouve essentielles à acquérir pour un jeune du primaire. Essentielles pour le développement de la pensée et essentielles pour favoriser tous les apprentissages qui, eux, sont officiellement au programme.

Surprise, mes devoirs à la J. Raffe ont remporté un énorme succès. Même si mes élèves se retrouvaient avec des devoirs plus difficiles que dans la majorité des autres classes, la motivation était là et je voyais les résultats. Les devoirs étaient faits (oh miracle!) et ils stimulaient la discussion. Génial! En plus, j'ai vu une réelle différence dans leur capacité à résoudre les problèmes mathématiques provenant des manuels et dans leur faculté de raisonner. C'est flatteur de constater que notre idée porte fruit.

Devant le succès que j'ai remporté avec ces nouveaux devoirs, j'ai décidé de bonifier le concept cette année. De un, je ponds un document pour l'année. Un petit cahier qui devrait frôler 200 pages et que chaque élève recevra en début d'année. De deux, l'élève pourra y travailler à différents moments : en devoir, pendant les ateliers (quand les trucs urgents sont terminés) et dans les temps libres (pour ceux qui terminent une tâche avant les autres). Si certains élèves terminent le cahier avant la fin de l'année, j'ai un travail prévu pour eux. Comme je risque fort d'avoir ces élèves pendant deux ans, je vais leur demander de concevoir de nouveaux problèmes pour l'année suivante. De trois, le tout est entièrement autocorrectif. Cela me permet d'utiliser mon temps à d'autres besognes plus constructives et permet aux élèves de développer leur autonomie.

De quoi se composera mon cahier-qui-n'a-pas-encore-de-nom-mais-j'en-cherche-un?

- de sudokus
- de mots croisés
- d'énigmes
- de suites logiques
- de charades
- de synonymes et d'antonymes
- de proverbes
- de questionnaires de culture générale (biologie, histoire, géographie, BD, cinéma, sciences, alouette!)
- d'anagrammes
- d'arukones
- de problèmes très difficiles à résoudre
- de rébus
- de filominos
- de logimages (merci
Enidan!)
- de mots placés
- d'hitoris
- d'associations diverses (définitions/mots, synonymes, féminin/masculin, règles de grammaire, alouette!)
- de kakuros
- de Boggle (célèbre jeu)
- de devinettes
- de problèmes Le compte est bon (émission Des chiffres et des lettres)
- d'exercices Le mot le plus long (même émission)
- de liens qui unissent trois mots (genre Tribond)

Pourquoi j'ai mis ce billet dans la section J'ai besoin de votre aide? Parce que malgré le fait que ma liste ait une longueur acceptable, je me demandais si vous n'auriez pas des idées de jeux logiques pour l'augmenter. Des jeux qui se mettent sur papier et qui s'autocorrigent facilement pour des élèves du 3e cycle.

Des idées? Elles sont toutes bienvenues.

vendredi 13 juillet 2007

Amende honorable

Je dois faire amende honorable. Suite au commentaire de Renart, je suis allée voir quels mots étaient jugés "louches" pour que mon blogue soit classé PG. Rien à voir avec M. Le Voyou et son "sacrament". Ça m'a tout l'air que les commentaires ne comptent pas dans le calcul car même le délire du Prof masqué n'a pas empiré les choses! :-)

Les mots "louches", alors?

Retard (2x)
Tit (1x)

Retard?? Ah bon...

Tit?? Je l'ai utilisé dans p'tit, moi!!! Je ne parlais pas d'autre chose...

Quelqu'un connaît un outil du genre mais en français, que ça sorte un résultat intelligent?? :-) Sérieusement, ça pourrait être pratique dans ma pratique enseignante. Il faudrait que je me clone 5000 fois pour avoir le temps de lire en entier tous les sites que je soumets à mes élèves!

jeudi 12 juillet 2007

Le café du matin

Suite à la lecture de Vous pouvez alors remonter le réveil de Renart L'éveillé, je me suis fait la réflexion suivante. Quand je me réveille avant mon chum, que j'ai le temps et que je ne suis pas rushée par les enfants ou autre chose, j'aime bien lui préparer son premier café du matin. C'est une marque d'amour, une note d'affection. Ça me fait plaisir...

Le fait que ce soit écrit dans un manuel scolaire est moins romantique. Ça devient une obligation pour être considérée comme une épouse parfaite. Que ces mots aient été enseignés à l'école me sidère encore. Suffirait que mon chum s'attende à ce que je lui fasse son café tous les matins pour que j'arrête! :-)

J'aime beaucoup la série de
Renart L'éveillé qui présente des extraits de ce manuel scolaire. Si vous n'êtes pas encore allés jeter un coup d'oeil, allez-y. Ça vaut le détour!

Vente de cadavre

Mingle2 - Free Online Dating

La dernière fois, j'ai fermé mon blogue après une annonce du genre. Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de mourir dans les prochains jours même si mon cadavre vaut 3965$.

Je vais attendre de valoir plus cher. :-)

Note : Suffit les niaiseries. M'en vais me coucher!!!

La faute au Voyou

Online Dating

Mingle2 - Online Dating

Tout ça parce que le
Voyou a dit "sacrament" dans son dernier commentaire. Hier, j'étais cotée Général.

Pffffff!

Accro

Une image vaut mille mots...

Mingle2 - Online Dating

J'aurais quand même pensé que c'était pire.

mercredi 11 juillet 2007

Une deuxième

Non, non. Pas une deuxième dent! Loin de moi l'idée de tenir ici un journal des poussées dentaires de ma pinotte. Une deuxième élève a écrit sur le blogue de notre classe. Elle dit qu'elle est très contente d'être dans ma classe et me raconte un peu le début de ses vacances. Dire que c'est une élève qui a failli ne pas être dans ma classe.

Cette année, pour la première fois depuis que j'ai parti ce projet, il manquait de candidats. Le fait de distribuer les fiches d'inscription au milieu de l'avant-dernière semaine de classe (pour des raisons hors de mon contrôle) n'a aidé en rien à cette faible participation. Les autres années, j'ai presque toujours eu le double d'inscriptions par rapport au nombre de places disponibles. On a donc dû prendre des élèves qui n'avaient pas remis leur fiche d'inscription puisqu'après tout, à la base, c'est une classe comme les autres.

Pour faire le classement des élèves, il faut prendre soin de :
- faire des classes équitables
- maintenir le même ratio garçons/filles pour les différents groupes
- distribuer également les TC (troubles du comportement), les RA (retard d'apprentissage), les autres cotes, les PI (plan d'intervention), les VU (élèves vulnérables), les LP (leaders positifs), les forts, les moyens, les faibles, les élèves autonomes
- éviter les mix explosifs (élèves qui ne vont pas ensemble)
- tenter de déterminer avec quel prof l'élève a le plus de chance d'être "bien"
- tenir compte des demandes des parents, dans la mesure du possible

Tout ça, avec 5-6 listes différentes devant soi, ce n'est pas de la tarte. C'est un processus long et exigeant car il faut être constamment allumé et attentif pour ne pas se tromper. J'ai déjà vécu une situation où la direction d'école a formé mon groupe sur le coin de la table, sans consulter les autres enseignants. Ce fut la pire classe de ma carrière. Une chance que je partais en décembre pour mon deuxième congé de maternité car honnêtement, je ne sais pas si j'aurais été capable de finir l'année.

Tout ça pour dire qu'avec toute la paperasse que chacun avait devant soi, on avait oublié de mettre cette jeune demoiselle dans ma classe. Ce n'est que le lendemain que j'ai constaté la bévue. Il aurait été dommage d'accepter des élèves qui ne s'étaient même pas inscrits et de devoir la refuser, elle qui avait rapporté sa fiche d'inscription à temps. Heureusement, j'ai pu échanger cette élève contre une autre.

Quand j'ai lu son message enthousiaste sur le blogue, j'étais vraiment contente d'avoir relu mes papiers avant d'envoyer mes lettres d'acceptation!

Mes tortillas au boeuf

Ils sont bons, c'est toujours avec un plaisir anticipé que je prépare le repas. C'est simple, mais succulent. J'ai adapté, mais la recette originale est ici.

Mélange d'épices à préparer :
- 1 1/2 c. à soupe de poudre de chili
- 2 1/2 c. à thé de paprika
- 1/2 c. à thé de basilic
- 1/4 c. à thé de thym
- 2 c. à thé d'ail granulé
- poivre et sel au goût

Le reste :
- boeuf coupe sandwich (très mince) coupé en lanières
- 1 poivron vert (c'est meilleur) tranché en lanières
- 2 oignons (c'est meilleur qu'un seul) tranché en lanières
- laitue
- sauce tzatziki
- sauce salsa
- huile de canola
- tortillas

Faire chauffer un peu d'huile dans une grande poêle et faire cuire le boeuf. Au début de la cuisson, saupoudrer généreusement la viande du mélange d'épices. Retirer la viande et la réserver. Jeter le "jus de viande". Faire de nouveau chauffer un peu d'huile et faire revenir le poivron et les oignons. Au début de la cuisson, saupoudrer les légumes du mélange d'épices. Remettre la viande dans la poêle pour réchauffer le tout.

Garnir les tortillas du mélange boeuf-légumes, ajouter de la laitue, de la sauce salsa et de la sauce tzatziki. Déguster.

Bon appétit!

mardi 10 juillet 2007

Ces profs qui bloguent (RE-MODIFIÉ)

Les profs bloguent? Visiblement. Sentant la fin de mon congé de maternité approcher et sentant l'excitation du retour au boulot qui frétille dans mes veines, je me suis dernièrement plongée corps et âme dans les blogues de profs. J'avais besoin de ma dose de pédagogie, de mouchages de nez, de niaiseries d'élèves et de passion d'enseigner. Voici ma tournée quotidienne des profs :

Bibco chez qui j'adore la sagesse et la sensiblité
Dobby dont j'apprécie les talents de cuisinière, hihihi!
Enidan parce que j'aime lire la réalité d'un prof avec les tout-petits et que j'aime beaucoup m'obstiner avec elle
Folle à lier bon elle est en congé de maternité, comme moi, mais on affronte ensemble l'idée de se séparer de notre progéniture en août prochain!
Hortensia chez qui j'aime la douceur et la sérénité
Magrah qui est une ancienne connaissance que je suis très heureuse de retrouver
Marâtre qui est mon modèle pour devenir directe et percutante
Poussière d'étoiles mille pardons d'avoir oublié Mlle Poussière d'étoiles que je lis pourtant religieusement
Prof maudit dont l'absence me chagrine
Professeur masqué dont j'apprécie énormément les écrits, aussi un idole de sagesse et d'intelligence
Safwan que j'ai découverte récemment et dont je ne peux plus me passer
Souimi qui n'écrit pas souvent mais dont j'apprécie la sensibilité et sa vision de la vie
Un autre prof qui est brillante, drôle, intéressante, intelligente, généreuse, alouette... on se ressemble tellement! :-)
Une peste chez qui j'aime la parole franche et la langue acérée

Il y en a certains que je visite moins souvent, mais je sais qu'ils sont là si les profs ci-haut mentionnés ne suffisent pas à me donner ma dose quotidienne :

Catherine
Prof
Prof malgré tout
Persée
Ness

Vous connaissez d'autres profs qui bloguent? Je suis preneuse de toutes les références. Merci! :-)

23 heureux

Aujourd'hui, si la poste n'a pas pris trop de retard, j'ai probablement fait 23 petits heureux. Dans ma classe, il y a un projet particulier en informatique. Ce projet particulier me donne le privilège de connaître mes élèves avant la fin de l'année scolaire et de pouvoir commencer la reconnaissance de terrain avant la rentrée.

Concrètement, ça veut dire que mon groupe est formé en juin et que les élèves sont au courant qu'ils seront dans ma classe à la rentrée (alors que les autres ignorent qui sera leur nouveau prof avant la première journée de classe). Vendredi, j'ai posté les lettres d'acceptation aux élèves qui ont été choisis, par tirage au sort, pour faire partie de ma classe.

Le document que je leur ai envoyé est standard, mais j'écris toujours un mot personnalisé à chacun de mes nouveaux élèves. Un mot de bienvenue, une petite blague pour ceux que je connais un peu plus, un mot d'encouragement pour les élèves en difficulté de comportement ou d'apprentissage afin de les mettre dans un mood positif en vue de leur prochaine année scolaire. J'ajoute une petite carte pour ceux qui célèbrent leur anniversaire au cours de l'été. Ça me demande beaucoup de temps, mais ça rapporte beaucoup. C'est une chance que j'ai de pouvoir faire ça.

Je crée déjà un lien avec la plupart d'entre eux par ce simple petit mot. En plus, je mets à leur disposition un blogue sur lequel ils peuvent écrire pendant tout l'été pour raconter leurs vacances, pour simplement jaser, pour me poser des questions, pour me donner des idées de projets qu'ils aimeraient réaliser pendant leur année scolaire, etc. Je leur fournis également mon adresse électronique et ils peuvent m'écrire tout au long de l'été. Ainsi, j'apprends à les connaître et ça fait toute une différence lors de la première journée d'école.

Ils entrent dans la classe en souriant, ayant déjà plein de choses à me raconter pour poursuivre le récit de leurs vacances. Ils me connaissent, ils savent déjà des choses sur moi, la glace est déjà brisée et le contact est plus facile.

Aujourd'hui, ils devraient en principe avoir reçu leur enveloppe. J'ai déjà hâte de mieux les connaître...